Goddess' memory

 

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Daddou

Daddou

 

             Karine regarda par la fenêtre de sa cuisine. Au dehors, Michael, son mari jouait à « la princesse et la sorcière » avec Lucie leurs fille. Le jeu inventé pour l’occasion consistait en une variante améliorée du loup. La sorcière, Michael, devait se déplacer tout en faisant le plus de grimaces possibles vers la princesse et la convaincre de bien vouloir se faire enlever. Bien entendu la sorcière n’arrivait jamais à ses fins mais pouvait se vanter d’avoir bien fait rire sa petite princesse. Karine se détourna de la fenêtre et vérifia que tout était éteint dans la cuisine. Après avoir jeter un dernier coup d’œil dans le miroir et réajusté son tailleur, elle attrapa son trousseau de clef et sortit sur le palier.  Au dehors e jeu avait légèrement dégénéré et Lucie courait dans tout le jardin poursuivit par son père. Joyeusement, elle chantonnait :

            _Daddou ‘trape-moi mé tu n’y arri’vra pas !

            Karine se retint de rire devant l’air courroucé du dit « Daddou »,surnom inventé par Lucie après un voyage en Angleterre, qui n’arrivait effectivement pas à la rattraper. Elle dût se faire violence pour arrêter cette scène si touchante.

            _Chéri ! On va être en retard, il va falloir prendre la route. Ma petite Louce, tu vas te salir et que penseraient papi et mamie si tu arrivais avec une grosse tâche sur ta robe toute neuve.

            En effet, pour son sixième anniversaire, Karine et sa fille étaient allée toutes les deux au magasin et Lucie l’avait elle-même choisie. Elle était bleue avec de la jolie dentelle blanche. Des fleurs parcouraient le tissu en sinuant formant de belles arabesques.

            Karine installa Lucie sur son siège auto et lui tendit ça poupée préférée. Elle boucla sa ceinture et ferma la portière, puis elle monta du côté conducteur. Michael la rejoignit du côté passager, ils échangèrent un regard complice puis elle enclencha le contacte. Le moteur démarra et ils partirent sur la route.

            Ils roulaient depuis une demi-heure environ. Le temps s’était gâté et Karine essayait de distinguer la route à travers les essuie-glaces. Sur le siège arrière, Lucie commençait à s’impatienter. Elle se mit à observer sa poupée. Son visage était aussi blanc que de la porcelaine. On y avait peint deux beaux yeux de biches auquel était rajoutés des cils. Enfin, où aurait dû se trouver les cils car à l’emplacement de l’œil gauche, il ne restait que de la peinture écaillée. Lucie eut soudain envi de pleurer. Elle se pencha sur l’attache de sa ceinture et appuya sur le bouton rouge. La boucle se détacha de l’attache et la ceinture se rembobina. Lucie pris appuis sur la banquette arrière et s’appuya sur le dossier devant elle.

            _Daddou ! Regard’, ma poupée, elle a p’u son œil !

            Tout en parlant, elle tendit son jouet devant le visage de son père. Karine se retourna vivement vers sa fille :

            _Lucie ! Rassis toi immédiatement !

            _Chérie ! Devant-toi !

            En entendant le cri de son époux, Karine regarda la route juste à temps pour voir la silhouette reconnaissable d’une cabine de poids lourds. Par réflexe, elle tourna vivement le volant et appuya sur la pédale de frein. Tout ce passa rapidement, la voiture dérapa et alla heurter un arbre. Karine sentit des morceaux de verres rentrer dans sa chair puis tout fut noir.

***

           

            Elle regardait par la fenêtre de sa chambre. A cet étage on ne voyait que les toits des immeubles aux alentours. Il lui semblait bien loin le temps ou elle observait sa fille et son époux. Bien loin et pourtant si proche. L’accident avait eu lieu il y avait à peine quelques semaines. A son réveil, les médecins l’avait informés de son état : de nombreuses lésions internes. Elle devrait subir de nombreuses opérations. Michael était venu la voir. Lui allait bien, par miracle il n’avait eu que quelques hématomes. Puis il avait du lui annoncer la nouvelle.  Lucie, non attachée, avait été projetée en dehors de la voiture. Elle était morte sur place. Elle avait perdue son enfant, sa propre chair et bien que le psy de l’hôpital lui ai assuré le contraire, elle se sentait coupable. Elle aurait du regarder la route. Elle ne pouvait pas s’empêcher d’en vouloir à Michael, pourquoi ne l’avait-il pas rattaché ? Pourquoi avait-elle du une fois encore faire office de police avec sa fille ? Pourquoi n’avait-il rien eu ? Pour était-elle en vie ? La culpabilité la rongeait jour après jour. Les récentes visites de Michael n’y changeait rien elle se laissait peu à peu glisser dans la mélancolie.

            Elle ferma les yeux et écouta les battements de son cœur. Etrangement plus elle se laissait sombrer dans les ténèbres de son esprit, plus ceux-ci ralentissaient. Elle eut une pensée pour son mari, puis pour sa fille puis son cœur s’arrêta.

 

***

 

            Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle se trouvait chez elle, allongée dans son lit. Elle ne sentait plus la douleur. Elle se leva immédiatement et descendit jusqu’au salon. La maison semblait vide. Elle poussa sa recherche jusque dans la cuisine. En regardant par la fenêtre elle se vit, allongée sur une table d’opération, les médecins s’afférents autour d’elle comme des fourmis. Elle ne put s’empêcher de trouver sa drôle. Soudain elle entendit une petite voix derrière elle :

            _Maman ?

            Elle sentit son cœur s’accélérer. Elle ne voulait pas se retourner de peur d’être déçue. Elle avait tant de fois entendu cette voix l’appeler lors de ses nuits solitaires

.             _Mamaaan

            La voix s’impatientait, presque implorante. Karine n’y tint plus et se retourna vivement pour voir son enfant, se tenant debout devant elle. Elle sentit des larmes couler le long de ses joues et se précipita pour la serrer dans ses bras. Elle l’embrassa avec amour, regardant son petit visage souriant. Elle eut l’impression de rester des heures à enlacer sa fille.

            _Depuis quand es-tu là ?

            _d’puis que la tuture à fé boom !

            _Et…tu nous voyais ?

            _Toutemps, t’était toute triste, tu avais mal ?

            _Oui, Maman avait mal au cœur, mais ça va mieux à présent… tu veux aller jouer dehors ?

            _On peu pas sortir

            Karine se leva et en tenant la main de sa fille, elle tenta d’ouvrir la porte de sa maison. Celle-ci resta fermée. Regardant une dernière fois son image allongée par la fenêtre, Karine retourna avec sa fille pour goûter aux plaisirs de sa présence, heureuse de l’avoir retrouvée.

 

***

           
            Le chirurgien tentait de d’arrêter l’hémorragie qui s’étendait dans le corps de sa patiente. Il venait de réussir à cautériser les écoulements de sang. Donnant ordre aux infirmiers d’arrêter le massage cardiaque, il prit les défibrillateurs et les posa sur le cœur de la femme…

 

***

            Karine et Lucie jouait assise dans le salon. Elles avaient sortit les nouveaux jouets que Lucie avait trouver dans sa chambre quand la porte de l’entrée tressauta. Karine tourna la tête à temps pour la voir bouger une deuxième fois, comme si quelqu’un frappait dedans.

 

***

 

            Le médecin ordonna d’augmenter la puissance :

            _Aller, cette fois-ci c’est la bonne.

 

***

            La porte s’ouvrit en grand. Karine et Lucie poussèrent un cri et se levèrent. Elle ne donnait pas sur le jardin, mais sur la table d’opération ou se trouvait le corps de Karine. En se penchant elle vit un médecin se pencher et poser un étrange appareil sur son torse. Elle se sentit immédiatement attirée vers l’extérieur.

            _Non ! Je ne veux pas !

            Elle s’accrocha au canapé tenant sa fille contre elle. Celle-ci semblait apeurée :

            _Maman, tu va pas me laisser !

            Karine regarda sa fille, puis la porte. Encore une fois l’étrange force la tira vers le dehors. Elle s’abaissa et regarda sa fille dans les yeux :

            _Il le faut ma chérie. Ne t’inquiète pas, nous nous retrouverons ici. On s’attendra. Je t’aurais toujours dans mon cœur ma chérie.

            _Maman, me laisse pas…

            _Je ne te laisse pas…

            Elle l’enlaça en pleurant.

 

***

            Michael faisait les cents pas dans la salle d’attente. La porte s’ouvrit et une femme se dirigea vers lui.

            _Monsieur, je suis le docteur Gwénaëlle Méheut. Votre femme est stabilisée, vous pouvez aller la voir elle est en salle de réveil. Si tout ce passe bien elle va bientôt pouvoir sortir.

            Michael rentra dans la pièce. Sa femme semblait dormir. Il se pencha vers elle :

            _Reviens vite ma chérie…

            Comme pour répondre à son appel, Karine ouvrit les yeux et le regarda. Elle semblait étonnée de le voir.

            _Daddou ?

 

***

 
            Il le faut ma chérie. Ne t’inquiète pas, nous nous retrouverons ici. On s’attendra. Je t’aurais toujours dans mon cœur ma chérie.
            _Maman, me laisse pas…
            _Je ne te laisse pas…

            Elle l’enlaça en pleurant. Puis elle se releva et la poussa dans l’ouverture. Elle regarda sa fille chuter vers la vie, puis la porte se referma.

 
 

FIN

 

Alt-S Matou

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

                      

             

 

           

21.1.06 14:23


En guise de commencement

Prologue    

Ce serais me faire affront que de me traiter de vieille femme. Effectivement j’existe depuis la nuit des temps mais pour mon âge, je suis plutôt bien conservée. Et puis, je me défends pas mal comparé à ses petites déesses qui laissent passer leurs appas mammaires bien avant leurs pouvoirs. Mais je parle et j’en oublie de me présenter. Je me nomme Maa’thoo, déesse du mariage. Depuis toujours, je reçois dans ma demeure de jeunes amants souhaitant se consacrer à l’Amour Eternel.  Oh, bien sur vous pouvez toujours vous marier sans mon aide mais l’Amour Eternel c’est mieux et personne ne peut s’y opposer. C’est hélas à cause de cela que je me ramasse tous les cas sociaux possibles et imaginables mais je suppose que cela fait partie du métier. Je sais que ses petits désagréments ne vous intéressent guère mais ils permettent d’expliquer bien des choses, ma position géographique par exemple. Et bien oui ! Quand vous recevez au moins une fois par jour un type qui souhaite épouser la fille du village voisin, en guerre bien sûr, et deux ou trois péquenauds épris de leurs poissons rouges, cela vous pousse à la dépression… ou à l’exile. J’ai choisi la deuxième optique et à présent je peux vous assurer qu’il faut une sacrée motivation pour venir me voir. Pour tout vous dire à présent j’ai tellement de temps libre que j’ai débuté la construction d’un temple, périptère octostyle s’il vous plait, avec des sucres et un cure dent pour les tailler. Mais cela ne m’empêche pas de faire toujours mon travail. Des gens viennent me voir. Une fois j’ai même revu deux fois la même personne. Je vous l’assure et à mon âge on ne voit plus l’intérêt de mentir, mais par contre on aime raconter des histoires.

Celle-ci se passait il y a quelques siècles. A cette époque, mon imbécile de frère aîné Maré’Fy fut pris d’une crise de mégalomanie aiguë. Cela lui fut très facile de trouver des adeptes fanatiques et en une petite décennie il avait fondé une religion monothéiste extrémiste. Cette nouvelle religion prospéra avec pour concept novateur, à cette époque, l’anéantissement des Chimérydes, un peuple jugé comme étant le plus proche de nous les « dieux impies » car vieillissant plus lentement. Bientôt chez les deux camps, l’amalgame fut fait. Les hommes fragiles et naïfs furent considérés comme adorateurs de Maré’Fy aux yeux des Chimérydes. Une longue guerre entre les deux camps venait de débuter. 

L’histoire qui nous intéresse débute après quinze années de guerre. Les grandes batailles avaient cessé depuis peu et les affrontements se réglaient au niveau de groupes de mercenaires s’attaquant le plus souvent à la population. Chez les Chimérydes, des tensions internes étaient palpables. Le roi de l’époque, Maître JanGui l’Ailf souhaitait rétablir la paix entre les peuples en le scellant par un mariage. Mais cette idée n’était pas bien reçue par certains clans qui avaient perdu toute confiance envers les hommes. C’est pourquoi le mariage devait rester secret. A présent je vous laisse goûter à l’histoire j’essayerais d’intervenir rarement.                   

21.1.06 14:19


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